Art, culture et foi
Orgue
Peinture
Renaissance d’une Œuvre Art Déco : La Fresque du Tympan de Saint-Hippolyte

Située au pied des tours du 13e arrondissement, sur la bruyante avenue de Choisy, l’église de style néo-gothique Saint-Hippolyte abrite sous son porche une œuvre spectaculaire
. Réalisée en 1936 par le peintre Henri Marret (1878-1964), cette fresque Art déco orne le tympan de l’édifice
. À l’automne dernier, l’œuvre a remporté l’un des six titres de la 35e édition du Grand Prix Pèlerin du patrimoine, mettant ainsi en lumière ce joyau méconnu
Une Œuvre Complexe et Originale
La fresque se distingue tant par son sujet que par sa technique de réalisation :
- Iconographie : L’œuvre représente la mort du saint patron de l’église, le soldat chrétien romain saint Hippolyte, écartelé et traîné par deux chevaux. En arrière-plan, on aperçoit saint Laurent, brûlé vif au milieu des flammes. Le tympan illustre ainsi le martyre de ces deux figures religieuses.
- Technique : L’originalité de l’artiste Henri Marret a été de réaliser sa peinture murale sur du ciment frais, plutôt que sur la traditionnelle chaux.
Une Peinture « En Danger »
Malgré l’ambition de l’œuvre, sa situation en extérieur l’a rendue particulièrement vulnérable aux affres du temps.
Avant sa restauration, la peinture était qualifiée d’œuvre « en danger », nécessitant une intervention essentielle selon la commission diocésaine d’art sacré.
- Placée sous le porche et soumise au vent, la fresque a vu certains de ses éléments s’effacer progressivement.
- L’exposition à la pollution et la réaction avec le soufre contenu dans l’air ont gravement abîmé la surface de la peinture.
- La fresque était très encrassée et partait littéralement en poudre en raison des cristaux de sable du ciment qui remontaient à la surface.
Le Chantier de Restauration
L’obtention du Grand Prix Pèlerin du patrimoine a agi comme un véritable catalyseur, permettant de décrocher un chèque de 10 000 euros versé par les Chantiers du Cardinal. Cette somme a couvert 90 % du coût de la restauration.
Le chantier, programmé du 7 avril au 8 mai, a été confié à Marguerite Ferrieu et Bertille Masselot, deux jeunes restauratrices de biens culturels. Nichées à quatre mètres de haut sur un échafaudage, elles ont mené un travail minutieux.
- Leur technique a fait appel à des compresses de papier humide, des cotons-tiges et de petits pinceaux.
- L’objectif principal était d’atténuer la présence des grains de sable, de restaurer les éléments effacés et de redonner à la fresque sa couleur originale.
Pour les restauratrices, ce projet revêtait également une forte dimension sociale. Elles ont exprimé leur fierté de travailler sur une œuvre qui se situe hors du marché de l’art et qui reste accessible à toute personne franchissant le seuil de Saint-Hippolyte, loin d’être réservée à quelques privilégiés. Grâce à cette initiative, les paroissiens redécouvrent leur fresque en attendant son inauguration festive, prévue pour le dimanche de Pentecôte.
