« Ne nous laisse pas entrer en tentation »

A partir du 3 décembre, premier dimanche de la nouvelle année liturgique, nous prierons ensemble Notre Père avec une traduction rénovée de la 6e demande : non plus « ne nous soumets pas à la tentation », mais « ne nous laisse pas entrer en tentation ».

La précédente traduction liturgique

A la suite du Deuxième Concile du Vatican, où l’usage des langues vernaculaires avait été autorisé dans la liturgie, il y eut un vaste mouvement de traduction. En 1965, la Conférence des Évêques de France annonçait la nouvelle traduction du Notre Père, qui avait été élaborée en lien avec les autres confessions chrétiennes, orthodoxes et protestantes. Mais ces autres Églises et communautés ecclésiales chrétiennes ne se sont jamais senties liées par cette traduction au moment de leur liturgie propre.

Le débat sur la sixième demande

La sixième demande, traduite par « ne nous soumets pas à la tentation », a tout de suite ouvert de nombreux débats sur son sens. En effet, comme le dit saint Jacques dans son Épître (1, 13) : « Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : “Ma tentation vient de Dieu.” Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne ».

En revanche, Dieu peut nous amener au désert pour que nous soyons éprouvés, et que notre liberté le choisisse toujours plus profondément, comme le dit saint Pierre (1 P 1, 6-7) : « vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l’or – cet or voué à disparaître et pourtant vérifié par le feu –, afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ ». Saint Paul abonde dans ce sens en écrivant aux Romains (5, 3-4) : « nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l’espérance ».

Notre Père : la prière de l’Église en pèlerinage sur la terre

« Ne nous laisse pas entrer en tentation » est une traduction qui honore le dynamisme de la vie spirituelle, et qui permet de comprendre la tentation comme un processus d’endurcissement, un engrenage dans lequel nous mettons parfois le doigt. L’endurcissement est le jugement de Dieu « en temps réel », lorsqu’il livre le pécheur, pour un temps, aux conséquences de ses actes. C’est le cas exemplaire de Pharaon, jusqu’à ce qu’au milieu de la Mer Rouge, juste avant d’être englouti, il confesse « le Seigneur combat pour eux ». En demandant « ne nous laisse pas entrer en tentation », nous demandons à Dieu de n’être pas endurci jusqu’à la fin, ou, avec les mots du prophète Daniel (3, 34) : « À cause de ton nom, ne nous livre pas pour toujours et ne romps pas ton alliance ».

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Amen.

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