Ce matin nous
nous retrouvons dès 8 heures pour la messe à l’église du Saint Esprit. Et c’est
sous ce signe de l’Esprit que nous allons vivre toute notre journée.
« Le vent
souffle où il veut, et nous ne savons ni d’où il vient, ni où il va ».
Pourtant ce
jeudi 15 octobre, dans la diversité des lieux et des rencontres, nous avons
senti et nous témoignons de l‘universalité de la quête de Dieu et de la force de
son esprit à travers les temps, les cultures et les continents.
Joie d’abord
de célébrer, après tant de jours, avec d’autre chrétiens, pèlerins venus
d’Angers. Emerveillement devant la diversité des communautés chrétiennes
implantées en Turquie, dont le curé de la paroisse fait mémoire (grecs
catholiques, orthodoxes, chaldéens, catholiques de Syrie, d’Irak,
protestants..). Mais aussi questionnements face à une telle dispersion de frères
qui pourtant se reconnaissent en Christ !
L’interpellation de cette diversité habitera toute notre journée. Nous
continuons par la visite de Sainte-Sophie, basilique chrétienne pendant près de
1.000 ans devenue mosquée pendant 500 ans et maintenant musée national, parcouru
par des hommes venus du monde entier. Malgré sa démesure, nous sommes frappés
par la mosaïque du Christ, découverte dans la galerie du haut, et dont le regard
nous saisit d’où qu’on la regarde. En même temps l’islam est toujours présent,
avec quatre énormes calligraphies des descendants du prophète Mahomet, bien en
vue sur les quatre plus gros piliers de l’édifice.
Une promenade
en bateau sur le Bosphore nous remet en présence de l’Esprit qui souffle fort
entre l’Occident et l’Orient. Nous naviguons d’une rive à l’autre vers la mer
noire et nous croisons d’énormes pétroliers. Ils préfigurent la traversée du
quartier d’affaires que nous faisons peu après, au milieu des buildings de la
Turquie d’aujourd’hui. Les mondes continuent de se télescoper.
Changement de décor, tapis rouge et fauteuils dorés pour nous accueillir au
patriarcat de l’Église orthodoxe. Paroles chaleureuses et bienveillantes de
Bartholoméos 1er qui évoque l’amitié entre nos pays et insiste sur la nécessité
d’une union plus profonde entre catholiques et orthodoxes. Notre petite
communauté de Saint-Hippo, d’habitude si indisciplinée, se tient sagement à
l’écoute de ses paroles et nous recevons respectueusement chacun de sa main un
petite icône de la Vierge.
Nous
retrouvons cette invitation à l’unité des croyants à la Mosquée de Rüstem Paça
où Sabri notre guide turc, nous parle de la prière des musulmans.
rencontre avec
Bartholoméos 1er
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La journée
s’achève dans la couleur et les odeurs du bazar égyptien où se côtoient toutes
les langues. Tentés par des marchands affables et prévenants nous émergeons
devant le Pont de Galata, chargés d’épices, de confiseries et de souvenirs. Le
vent souffle toujours, venu de la Corne d’Or. Serait-ce toujours le même Esprit,
celui qui nous a portés depuis ce matin et inspiré tant de prières personnelles
devenues universelles.
Oui Seigneur,
nous te rendons grâce pour la multitude des hommes que nous avons rencontrés, ou
évoqués aujourd’hui, hommes d’ici et d’ailleurs, d’aujourd’hui et d’hier. Que
ton esprit continue à les habiter pour que dans leurs différences, ils sachent
se reconnaître et te reconnaître.