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Avanos – Konya : journée Paul
Dès le matin,
le démon tentateur est à l’œuvre. La visite d’un marchand de tapis met en effet
les portefeuilles à l’épreuve. En Cappadoce, pendant les longs mois d’hiver, la
fabrication de tapis de laine est une activité traditionnelle des femmes que
l’État encourage grâce à une aide à l’exportation afin de perpétuer ce savoir
faire ancestral (technique du point noué qui fait la qualité du tapis turc). Par
leurs couleurs et la diversité de leurs motifs, les tapis présentés font notre
émerveillement.
Nous prenons
ensuite la route vers Aksaray, en compagnie des grands saints de la
région (Saint André, frère de Simon Pierre, devenu patron de Constantinople ;
Timothée, collaborateur de Paul ; Ignace d’Antioche, évêque et martyr de la fin
du 1er siècle ; Polycarpe, lui aussi évêque et martyr) et des Pères
cappadociens des 3° et 4° siècles (Grégoire de Nysse, Basile de Grand, Grégoire
de Nazianze et Jean Chrysostome qui ont défini la forme actuelle de notre Credo)
présentés par Moïse Mouton. Traits communs à toutes ces grandes figures : la
place de l’amitié dans leur vie et leur passion pour l’Église du Christ.
Après le
déjeuner à Aksaray, nous commençons la traversée du plateau anatolien dont
l’immense platitude contraste avec le paysage montagneux bouleversé et tourmenté
de Cappadoce. Grenier à blé de la Turquie, la récolte a été excellente cette
année après plusieurs années de sécheresse. Autre culture : la betterave, des
champs à perte de vue et des machines à l’œuvre pour les arracher. Sur la route,
des camions débordants amenant la production à une usine sucrière.
En chemin,
comme les voyageurs du XIII° siècle, nous faisons arrêt à Sultanhani au
caravansérail construit par le sultan seldjoukide Kaykoubad en 1229. Cette
forteresse pouvait accueillir jusqu’à 400 chameaux. C’est la salle qui leur est
réservé qui est la plus impressionnante par son architecture et ses dimensions
qui font penser à une véritable cathédrale.
Sur ce chemin
rectiligne mais chaotique (route en travaux), Moïse nous propose une réflexion
sur la conversion de Paul. Paul lui-même ne décrit jamais ce qui lui est
arrivé à Damas sous le nom de conversion : il a la révélation en lui que Dieu
lui confie une mission. Ce qui était important pour lui jusqu’alors est à
présent nul, tout son être est désormais orienté vers le Christ.
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Saint Paul
église des sœurs
de la Trinité - Konya -
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Mystique et Islam :
le soufisme
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A Konya, c’est
la visite du couvent d’origine des derviches -à présent musée- qui nous
attend. Sur la route, Jean nous y introduit par une présentation sur le
soufisme et la vie et l’œuvre de Celaleddin Rûmi ou Mevlana, considéré comme
l’un des grands mystiques du monde islamique et fondateur de la secte des
derviches mevlevi plus connus sous le nom de derviches tourneurs. Pour lui la
musique et la danse (sema) créent chez l’individu une extase dans l’amour
universel qui lui permet de se libérer de l’anxiété et de la douleur de la vie
quotidienne. Ce musée abrite notamment le tombeau de Rûmi, la salle de danse,
des collections de souvenirs et de manuscrits et des instruments de musique. |