Centenaire de la paroisse
Saint-Hippolyte - Paris 13°

Messe Jubilaire
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Dimanche 9 mai 2010

Messe jubilaire
présidée par Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique

à l’occasion des 100 ans de la consécration de notre église
 


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de cette célébration

 

 

En guise de message de bienvenue, nous avons souhaité évoquer devant vous,  Monseigneur, une visite qui a présidé, il y a plus de cent ans, au projet de construction de l'église Saint-Hippolyte.

 

         La première initiative chrétienne, dans notre quartier des Malmaisons, fut la fondation d'un patronage. En 1905, les enfants du patronage des Malmaisons et leurs familles ne disposaient que d'une petite chapelle, dite "de secours", installée dans les locaux du patronage des filles, en bordure de l'avenue de Choisy.

 

         En juin 1907, Mgr Amette, coadjuteur de l'archevêque de Paris, vient ici donner le sacrement de confirmation aux enfants. Il avait en effet promis de venir faire connaissance avec le quartier et avec les œuvres des Malmaisons.

 

         Trois ans plus tard, le 1er mai 1910, Mgr Amette, devenu archevêque de Paris, revient aux Malmaisons pour y consacrer la nouvelle église. Il fait part à l'assemblée de ses impressions sur cette visite de 1907. Il s'adresse à l'abbé Georges Wiesnegg, futur curé de St-Hippolyte :
 

 

         "Vous avez rappelé, tout à l'heure, ma première visite aux Malmaisons. Je n'ai pas oublié l'impression à la fois douloureuse et consolante qu'elle m'a laissée.

 

         Douloureuse, en voyant Notre-Seigneur Jésus-Christ, abrité ici dans une chapelle si étroite et si pauvre qu'elle rappelait un peu trop son premier abri en ce monde, et en voyant se presser, dans cette enceinte dix fois trop petite, des enfants, des bienfaiteurs et bienfaitrices qui ne pouvaient y trouver place et dont beaucoup furent obligés de rester à la porte.

 

         Mais aussi, une grande consolation se mêlait à ma peine et à ma tristesse en constatant tout le bien qui se faisait dans ce quartier, par les soins de prêtres zélés, du bien qui s'était fait aussi, grâce aux âmes charitables qui étaient venues ici s'occuper des intérêts matériels, moraux, religieux de ce cher peuple d'ouvriers.

         En voyant les résultats obtenus déjà par tous ces dévouements, en entendant les paroles qui jaillissaient du cœur de ces braves gens, un vœu germait dans mon cœur, et j'aurais pu m'écrier avec le prophète : oui, je l'ai juré au Seigneur et je n'aurai de repos que je n'aie trouvé ici pour le Seigneur Jésus, qui veut bien y habiter, une tente, un asile plus digne de lui et, en même temps, que nous n'ayons élevé pour ces travailleurs une maison de Dieu qui soit aussi la leur et qui puisse les recueillir en aussi grand nombre que nous souhaitons les voir venir..."

 

          Ce fut ce jour-là, commenta plus tard le directeur des œuvres des Malmaisons, que Mgr Amette comprit l'importance de notre petite chapelle pour le développement de l'action religieuse dans le quartier. Et c'est alors qu'il conçut le projet qui devait recevoir un commencement de réalisation, 2 ans plus tard, quand on posa la première pierre de l'édifice.

 

         Monseigneur, sans préjuger de l'impression que vous laissera cette première visite à notre communauté, nous sommes heureux de vous accueillir dans notre église centenaire.
 

   

DE L’ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN (Jn 14, 23-29)

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : “Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. Celui qui ne m’aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père qui m’a envoyé. Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous, mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne, ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent, ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.”

 

Après avoir transmis la bénédiction apostolique du Saint-Père, Mgr Luigi Ventura a proposé une méditation sur l'Église.

A la source, l'Église est l'assemblée des disciples, convoquée par Dieu, rassemblement par Dieu de sa famille. Dès le moment de la résurrection, c'est aux disciples rassemblés que le Christ se manifeste, comme il l'avait annoncé (“ quand deux ou trois... ” Mt 18,20); c'est aussi de cette façon qu'il reste présent auprès de nous
(
Mt 28,20). A la Pentecôte, les apôtres sont réunis au lieu où Jésus a institué l'Eucharistie quand ils reçoivent l'Esprit. Cette Église-rassemblement est la maison de Dieu (1 Tm 3,15). Chaque dimanche, les disciples se rassemblent pour célébrer le Seigneur vivant et présent parmi nous.

Pendant trois siècles cela s'est fait dans la maison d'une famille ; c'est Constantin qui a donné un premier terrain, à Rome, pour la cathédrale Saint-Jean de Latran. Puis le nom d'église est passé aux lieux dédiés à ces rassemblements. Ces lieux expriment aux yeux de tous que Dieu habite parmi les hommes ; on y célèbre les événements majeurs de la vie : baptême, mariage, obsèques. C'est en nous que Dieu vient demeurer (Jn 14,23) : nous sommes le temple de Dieu dans ce monde, témoignant que Dieu est source vraie de l'amour total, recomposant, par la communion de tous autour de lui, l'unité de l'humanité divisée.

De même la cité sainte (Ap 21,3) “ demeure de Dieu avec les hommes ” est le symbole de l'humanité rachetée, où la présence de Dieu au cœur de l'homme change son cœur de pierre en cœur de chair.

Au long des cent ans de cette église, bien des choses ont changé, mais il reste le témoignage de la foi et de la générosité des générations qui nous ont précédés. Avec ses paroissiens “ de toutes nations, peuples et langues ”, Saint-Hippolyte est vraiment catholique, universelle. La communion dans la même foi et la même charité a pour signe l'évêque de Rome, dans une chaîne maintenue depuis les apôtres, malgré les fragilités et les défauts. L'Église est sainte, car ses membres sont appelés à la sainteté, à vivre l'amour.

 A la suite des apôtres, elle a changé le monde, non par œuvre de puissance, mais par le témoignage que le Seigneur est vivant. L'Église est la terre sainte sur laquelle nous tenir, comme Moïse
(
Ex 3,5). Et comme le dit Ambroise, évêque de Milan : “ Courage pour tenir bon dans votre cœur. Vous serez solides avec moi, votre évêque. ” 



texte intégral de l'homélie
de Mgr Ventura
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à partir des thèmes de chaque soirée de l'octave du centenaire :
Seigneur, fais de nous des ouvriers de paix,
Seigneur, fais de nous des bâtisseurs d’amour !
   
   

   
   

Cent ans, et même un peu plus de cent ans.

 

Nous arrivons aujourd’hui à la fin de l’octave pour la célébration de notre centenaire.

Huit jours pour nous souvenir du passé, mais surtout huit jours pour imaginer notre avenir, sinon les cent nouvelles années à venir, à la lumière de notre histoire.

 

Nous avons fait mémoire des grandes figures qui justement ont illustré cette histoire de notre communauté et des intuitions qu’elles ont eues pour adapter notre église locale aux évènements du temps.

En particulier, vous le savez bien, si cette église a vu le jour et si nous en fêtons le centenaire aujourd’hui, c’est qu’il y a un peu plus de cent ans un homme a su vivre sa foi dans la réalité se son temps, de cette fin de XIXème siècle dans notre quartier.

 

Je veux parler de Paulin Enfert bien évidemment ; personne dans notre paroisse n’ignore aujourd’hui qui est Paulin Enfert.

Cet homme simple, qui n’a jamais malgré toute l’ampleur de son œuvre, recherché les honneurs, cet homme qui, avec humilité, mais inventivité, imagination et pugnacité, est parti en mission à la suite du Christ, toujours pour les petits, les plus pauvres, les déshérités.

 

La roulotte de nos débuts -symbole pour notre communauté- cette roulotte, elle nous plait bien à nous, Hippolytains, symbole simple, pauvre, habitation misérable, mais avec des roues pour avancer.

Paulin Enfert, un laïc, qui a fondé les bases d’une communauté qui sait accueillir toutes et tous dans leur diversité –car notre paroisse a la réputation d’être accueillante– Paulin Enfert, un laïc, cela nous plait aussi à nous, Hippolytains.

Car notre communauté de Saint-Hippolyte a toujours vécu la coresponsabilité –prêtres et laïcs– pour annoncer la Bonne Nouvelle.

 

Nous rendons grâce pour l’action de cet homme, qui n’avait pas servi qu’un seul clocher. Paulin Enfert n’est pas qu’à Saint Hippolyte ; auparavant, comme fondateur de la Mie de Pain, il avait travaillé à Sainte-Anne, autre lieu de notre arrondissement du 13ème, créant ainsi un lien inter paroissial.

 

Aujourd’hui, au cours de cette messe de clôture des cent ans de la paroisse, c’est donc bien le moment de vous annoncer que plusieurs personnes du quartier et particulièrement de Sainte Anne se sont réunies pour  fonder une association afin de soutenir un projet :

obtenir que soit ouverte une enquête auprès des autorités ecclésiastiques
en vue de la béatification de Paulin Enfert.

 

C’est un beau projet qui pourrait rapprocher deux paroisses. Il m’a été demandé d’être le lien de cette association auprès de la Paroisse Saint-Hippolyte. Nous aurons donc l’occasion au cours des prochains dimanches d’en reparler,  d’y réfléchir et de faire avancer cette entreprise.

 

Mais dès aujourd’hui c’est avec une très grande joie que je vous fais part de cette démarche qui prend corps et qui se situe bien dans l’esprit de notre messe jubilaire qui clôture les célébrations de notre centenaire.

 

Merci.

 

Josette CHAMPLONG
 

 
   
   

A l'issue de cette messe jubilaire,
le nonce apostolique et le curé de Saint-Hippolyte
dévoilent la plaque apposée sur l'arbre du centenaire
planté lors de l'ouverture de l'octave du centenaire

par l'archevêque de Paris et le maire du 13° arrondissement


 

 


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